Étude James

Une deuxième étude importante pour la Suisse est l'étude JAMES. Débutée en 2010 par la Haute Ecole de sciences appliquées de Zürich (ZHAW) avec un financement de Swisscom, cette étude est la première menée de manière systématique dans les 3 régions linguistiques.
Un premier rapport a été publié en 2011, puis des dossiers d'appronfondissement ont été établis (impact des MITIC sur les résultats scolaires, dangers des réseaux sociaux, etc.).

Des données ont été collectées depuis tous les deux ans.

Le 23 mars 2016, un autre dossier d'approfondissement a été publié sur  le thème "L'utilisation des médias et la qualité de sommeil". A la fin, on trouve une liste de "conseils pour les écoles et les parents": Pour que les jeunes dorment suffisamment et se sentent reposés, on devrait supprimer les écrans une heure avant d'aller au lit, éteindre les portables, ne pas placer les téléviseurs, ordinateurs ou consoles dans la chambre à coucher, utiliser un réveil traditionnel au lieu du portable. Les enseignant-e-s devraient aborder la consommation des médias avec les élèves se montrant peu concentrés ou somnolents pendant les cours; mais ils devraient aussi thématiser d'autres causes probables de troubles de sommeil, comme par exemple le (cyber-)harcèlement.

Au début de l'année scolaire 16/17, une nouvelle étude JAMES focus a été publiée, portant sur les cours sur les médias et la compétence en matière de médias. Le but est de savoir avec qui les jeunes suisses apprennent leurs compétences médiatiques, si cela leur est utile et si cela les aide à utiliser de manière responsable les médias numériques. La page 21 du rapport résume les résultats et donne des conseils pour les écoles, les enseignant-e-s et les parents. On y apprend que les parents ont un rôle très important à jouer dans l’éducation aux médias de leurs enfants. Ce rôle peut être complété, mais pas remplacé par l’école. Au niveau des cours, ceux-ci ne doivent pas uniquement transmettre de l’information, mais également des recommandations d'actions concrètes et idéalement, pour ancrer de manière durable les connaissances, impliquer les élèves dans une activité médiatique (Learning by doing).

En novembre 2018, l'étude JAMES la plus actuelle vient d'être publiée. Les principaux résultats:

Les résultats de cette étude sont relativement semblables à ceux des études de 2010/12 - 2016. Certains domaines présentent cependant des différences significatives :

  • On observe pour la première fois, une modification des activités de loisirs (hors média). La fréquence des activités exercées avec la famille augmente, celle des rencontres avec les amies et amis est, elle, en baisse.
     → Signes de cocooning ?
  • L'importance des services de streaming a considérablement augmenté. Plus de la moitié des foyers dans lesquels vivent les jeunes disposent d’un abonnement fournissant de la musique et des films en streaming. Pour la première fois, le nombre d'abonnements aux films et séries en continu a dépassé celui des abonnements aux journaux.
    → Comment ce paradis du divertissement affecte-t-il les jeunes ?
  • Au cours des quatre dernières années, une augmentation considérable de la cybermanipulation psychologique a été enregistrée. Un tiers des jeunes déclare avoir déjà été abordé en ligne par un inconnu démontrant des intentions sexuelles indésirables.
    → Un travail d'information précoce s'impose d'urgence.
  • Le téléphone mobile est omniprésent: 99% des jeunes possèdent un smartphone. Le temps passé sur Internet durant le week-end a augmenté : en moyenne 4 heures par jour (contre 3 heures 40 minutes auparavant). Le temps passé sur Internet pendant les autres jours de la semaine reste, lui, inchangé à 2,5 heures.
  • Equipement : le nombre d'appareils photo numériques, de lecteurs DVD, de mp3 et de radios continue de diminuer chez les jeunes. Le smartphone, polyvalent, a certainement pris en charge ces fonctionnalités.
    Pour la première fois, un effet de saturation aux tablettes peut être observé.
    → Comment  l'introduction des tablettes dans les écoles influencera-t-elle cette nouvelle tendance ?
  • Les jeunes sont inscrits sur les réseaux sociaux : Instagram ou Snapchat comptent le plus d’inscriptions avec 87% resp. 86%. Environ ¾ des jeunes se rendent quotidiennement sur ces deux plates-formes, la plupart d'entre eux les utilisent même plusieurs fois par jour.
  • Fortnite est rapidement devenu le jeu le plus populaire. La liste des jeux favoris reste, sans cela, globalement semblable.
     → Tendance à une "violence douce", anodine ou banalisée ?

Tous les résultats de l'étude James 2018 sont accessibles sur: cf lien ci-dessous

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